CAS CLINIQUE


Madame K, âgée de 45 ans, vendeuse dans une bijouterie, est vue en urgence pour des crampes intermittentes survenues brutalement pour la première fois, le jour même. Des crampes qui « paralysent » ses mains et « raidissent son corps ». Le médecin appelé prescrit du calcium et de la vitamine D, et un repos de 15 jours.

Fatigue, serrement de gorge, étouffement, palpitations, sont apparus simultanément à « ces grandes crises qui figent le corps »… La respiration s'accélère, devient saccadée et le cœur paraît se décrocher… Mes doigts sont comme transpercés d'aiguilles », déclare Mme K.

En deux semaines, les crises tétaniformes sans support biologique décelable s'espacent. Cependant les autres troubles : anxiété, dyspnées, palpitations, s'accentuent. Mme K devient tendue, irritable, insomniaque.

 

  • Question 1 : Quels symptômes présente la patiente ?

Autrefois, Mme K s'habillait avec élégance, était une femme coquette. C'était une excellente employée, toujours aimable avec les clients. Elle obtenait de très bons résultats. Maintenant, Mme. K arrive souvent en retard, néglige son apparence. Elle se plaint de fatigue, de « vertiges », de troubles du caractère : « Je suis difficile, très irritable, surtout l'attitude des jeunes vendeuses avec le patron et elles sont incapables de travailler correctement. Il m'arrive de me disputer avec ces vendeuses et de partir pleurer une heure dans mon coin. Je suis à bout, pourtant je ne veux pas m'arrêter. J'ai peur de tomber par terre à cause de « vertiges ». Par moment, dans la rue, je suis obligée de me tenir aux murs des immeubles pour ne pas tomber. Je prends le tuk tuk sans savoir comment, je ne suis plus moi-même. J'oublie de descendre. Avant-hier, j'ai été prise de panique : un enfant est tombé devant moi sur la trottoir. J'ai poussé un cri et me suis affalée (collapse) sur le trottoir ».

  • Question 2 : Comment la patiente se décrit-elle ?

« Je suis restée inerte, hébétée, pendant une heure. Depuis, je suis attirée par le vide. Je rase les murs de peur de tomber encore sur le trottoir ».

« Quand mon patron me voit arriver épuisée, affolée, il me calme avec des paroles gentilles, m'offre de me reposer. Il est vrai que nous formons une famille. Voilà 24 ans que je travaille avec lui. Il m'invite souvent à déjeuner avec son épouse. C'est un homme très bon. Il m'a toujours aidé, un vrai père. Je ne comprends pas pourquoi il a donné une promotion à ma nouvelle collègue, la petite Vieng, c'est une vendeuse intelligente mais encore peu expérimentée. Une promotion me revenait de droit. Il me l'avait d'ailleurs laissé entendre. C'est une injustice que je n'ai pas supporté. Je n'en ai pas dormi la nuit ».

  • Question 3 : Comment est sa relation avec son patron ?

« La fatigue, ce choc, m'ont détraqué les nerfs. Deux jours après, j'étais malade. Mon mari ne me reconnaît plus. Pourtant nous vivons ensemble depuis 20 ans. Il a toujours insisté pour avoir un enfant mais j'ai refusé. Il m'aide du mieux qu'il peut par son attention, sa tendresse. Pourtant je suis désagréable avec lui. Je ne peux me contrôler. Il a peur pour l'avenir. »

« Ma mère aussi a peur. C'est une femme âgée qui a toujours paru plus que son âge. Heureusement que mon père n'est plus là pour me voir dans un tel état. Il en serait mort de chagrin. Vous comprenez pourquoi je n'ai pas voulu d'enfant. Si c'est pour qu'il devienne un jour comme moi, ça ne vaut pas la peine ».

  • Question 4 : Où se positionne la patiente dans la vie familiale ?
  • Question 5 : Quel diagnostic proposez-vous ? Justifiez votre réponse.
  • Question 6 : Quelle aide peut apporter le praticien ?

 

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