Psychoses puerpérales


1. Névroses gravidiques
2. Psychoses du post-partum
3. Psychoses de la grossesse, de la lactation et de l'avortement
4. Pronostic et conduite à tenir
5. Médications contraceptives et troubles mentaux

 

Objectif:

  • Définir les psychoses puerpérales (ou psychoses du post-partum);
  • Reconnaître les différentes formes de psychoses puerpérales;
  • Fournir les soins nécessaires aux personnes souffrant de psychoses puerpérales;
  • Reconnaître les effets des contraceptifs sur l'état mental d'une personne.

On groupe sous cette appellation l'ensemble des troubles psychiques liés à la grossesse, à l'accouchement et à la période qui le suit. Les psychoses puerpérales représentent 3 à 5% des maladies mentales nécessitant une hospitalisation; on compte de 1 à 5 psychoses pour 1,000 accouchements.

•  Névroses gravidiques

Chez certaines femmes prédisposées, sous l'influence des changements hormonaux survenant au cours de la grossesse, on peut observer des troubles du caractère, de l'anxiété, des névroses caractérisées (obsession ou phobies).

La persistance des vomissements au-delà du troisième mois constitue parfois une maladie justifiable d'une cure sédative. Après l'accouchement, les troubles peuvent régresser ou au contraire se maintenir sous une autre forme: l'anxiété de l'accouchement fait place à l'inquiétude de ne pas élever l'enfant dans de bonnes conditions.

•  Psychoses du post-partum

Ce sont les plus fréquentes des psychoses puerpérales. Dans les heures ou les jours qui suivent l'accouchement, on peut observer un grand accès confusionnel agité, triste ou très onirique. Quand il est associé à la fièvre et à un tableau de déshydratation, il faut craindre une infection ou même un délire aigu azotémique. Une fois franchie la période initiale, l'accès peut évoluer vers la manie ou la mélancolie, soit vers un délire paranoïde dont le pronostic est meilleur que celui de la schizophrénie (Abely). Il faut en tout cas redouter le suicide et l'infanticide .

•  Psychoses de la grossesse, de la lactation et de l'avortement

Les psychoses de la grossesse revêtent l'allure soit d'une mélancolie, soit d'une manie qui persistera au-delà de l'accouchement. Le diagnostic doit être fait avec les troubles psychiques de l'éclampsie, avec la confusion du syndrome de Korsakoff gravidique.

Les psychoses de l'allaitement sont surtout des dépressions avec asthénie. 

Les psychoses du post-abortum sont assez fréquentes. Elles comportent des tableaux de confusion, d'excitation ou de délire.

4. Pronostic et conduite à tenir

L'évolution des psychoses puerpérales est parfois lente: la récupération ne se fait qu'après de longs mois; elle n'est pas complète: c'est surtout le fait des délires. Par contre, les accès mélancoliques et maniaques sont plus rapidement maîtrisés. Le risque de rechute immédiate est grand pendant les premiers mois qui suivent la guérison. La récidive à l'occasion d'une nouvelle grossesse est possible mais non certaine. En principe, l'éventualité de nouvelles grossesses devra dépendre de la qualité de la guérison.

Le traitement pendant la grossesse devra tenir compte de la sensibilité fœtale. Le risque tératogène fera écarter les chimiothérapies qui n'ont pas fait leur preuve: les phénothiazines du type de la chlorpromazine ou de la thioridazine, les tranquillisants comme le mépromabamate, le phénobarbital paraissent sans danger. Pendant les premiers mois, le recours aux électrochocs est possible.

Les psychoses du post-partum seront traitées comme les affections primitives auxquelles elles s'apparentent. Sans doute faut-il écarter toute complication infectieuse, vasculaire, obstétricale. Dans les psychoses de l'allaitement, le curetage utérin est capable de stimuler l'endomètre et l'axe diencéphalo-hypophysaire. Les traitements de choc, les cures neuroleptiques (phénothiazines, butyrophénones) le traitement anti-dépressif seront appliqués selon les cas.

L'existence des névroses gravidiques incite à poser le problème psychologique de la maternité. De la qualité de son acceptation, de la maturité du couple dépendent en fait l'accueil psychologique fait à la grossesse. Certains troubles sont accessibles à la psychothérapie. 

La grossesse de sa femme déclenche parfois, chez un mari anxieux, un syndrome de couvade: des troubles neuro-végétatifs et digestifs appellent des mesures psychologiques afin d'apaiser cette angoisse de paternité.

5. Médications contraceptives et troubles mentaux

On a décrit des syndromes psychotiques aigus (mélancolie, manie, délire) au cours du traitement contraceptif chez les femmes ayant des antécédents psychiatriques. Le risque doit donc être mesuré. Plus souvent on observe une intolérance aux effets psychiques du produit chez les sujets souffrant antérieurement d'un syndrome prémenstruel franc et ayant une vie sexuelle peu active. Le malaise nerveux, l'irritation, l'angoisse peuvent amener à interrompre le traitement. Enfin les risques supposés (effet cancérigène, stérilité définitive, libération instinctuelle) sont en eux-mêmes anxiogènes.

 

->Résumé de ce cour en PDF