Relation médecin-patient
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Objectifs:
- Etablir une bonne relation avec le patient;
- Mettre l'accent sur la prépondérence de l'écoute;
- Savoir interroger le patient;
- Transférer le message au patient afin que ce dernier accepte la compliance au traitement.
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Dans l'ensemble, la psychiatrie s'est
conformée à la tradition médicale dans laquelle le
diagnostic et le bilan constituent le principal facteur des
premières relations médecin-malade. D'un autre
côté, le rôle du diagnostic en psychatrie n'est pas
tout à fait similaire à celui qu'il a dans d'autres
domaines de la médecine. Contrairement aux maladies somatiques,
l'étiologie de nombreux syndromes psychiatriques reste
incomplètement connue, et le traitement est souvent empirique.
Ainsi, un diagnostic formel en psychiatrie n'implique pas toujours les
décisions thérapeutiques.
Malgré ces limites, un bilan précis
joue un rôle important en psychiatrie. L'expérience
clinique a montré que, en se basant sur un tel bilan, on peut
dans certaines entités diagnostiques prévoir avec une
certaine precision quelle sera la réponse thérapeutique.
Par exemple:
- Les symptômes aigus de nombreux schizophréniques s'améliorent avec un traitement antipsychotique approprié.
- Les troubles hyperactifs de l'enfant répondent volontiers aux amphétamines.
Il est bien établi que le diagnostic doit
être précis pour d'une part choisir le traitement le plus
approprié et d'autre part différencier les patients
devant recevoir des médicaments de ceux que l'on peut traiter
exclusivement par des thérapies psychologiques.
Dans le diagnostic, la prise en charge et le
traitement de toute pathologie, le médecin doit recourir
à de nombreux outils pouvant comporter des investigations de
laboratoire complexes et des examens radiologiques très
sophistiqués.
Les études de médecine et les stages
pratiques permettent aux étudiants et aux nouveaux
médecins d'acquérir des compétences complexes et
essentielles, mais il en est une qui est souvent reléguée
au second plan: la relation médecin-malade .
Cette aptitude requiert une bonne appréciation de la
complexité du comportement humain ainsi qu'un apprentissage
rigoureux des techniques du parler et de l' écoute .
Pour diagnostiquer, prendre en charge et traiter
un trouble, le médecin doit avoir appris à
écouter. De nombreux praticiens à qui on a appris
à devenir l'élite, à être actif, agressif et
à tout contrôler considèrent l'écoute comme
une situation passive inconfortable.
Un des rôles principaux des structures
d'enseignement de la médecine est d'aider les médecins
à acquérir la capacité d'une écoute active,
en particulier ce que disent médecins et patients, et les
sentiments non dévoilés, souterrains. Les médecins
qui surveillent en permanence non seulement le contenu de l'intéraction (ce que médecin et malade échangent) mais également son déroulement (ce
que malade et médecin peuvent ne pas forcément dire mais
qui apparaît clairement par bien d'autres biais) savent bien que
la communication entre deux personnes se déroule à
plusieurs niveaux simultanément.
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Quand les enseignants n'ont pas
réussi à mettre en relief, à faire respecter et
à partager l'art et la technique de l'écoute active, ils
ont échoué dans leur rôle de formation des
médecins : ce sont alors inévitablement les soins du
patient qui en pâtissent.
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1. Modèle biopsychosocial
George Engel a été l'avocat le plus
éminent du modèle biopsychosocial de la maladie, qui
propose une approche globale du comportement humain et de la maladie.
Le modèle biopsychosocial est
dérivé de la théorie des “systèmes
généraux”:
- Le système biologique met l'accent
sur les composants anatomique, structurale et moléculaire de la
maladie et leurs effets sur le fonctionnement biologique du patient.
- Le système psychologique met l'accent sur
les effets que les facteurs psychodynamiques, la motivation et la
personnalité du patient peuvent avoir sur son expérience
de la maladie et ses réactions à celle-ci.
- Le système social, lui, souligne
l'influence de la culture, de l'environnement et de la famille sur la
manière dont la maladie s'exprime et se vit.
Engel postulait que chacun de ces systèmes
influence et est influencé par les autres. Le modèle d'
Engel ne prétend pas que la maladie résulte directement
de la constitution d'une personne, mais il invite à une vision
globale de la maladie et du traitement.
La composante médecin-patient est une
composante critique du modèle biopsychosocial. Tous les
médecins se doivent non seulement de connaître le statut
médical de leurs patients, mais encore de se familiariser
avec leur situation médicale, leurs réponses
affectives et les relations que les patients entretiennent avec leur
médecin.
2. Comportement de maladie
Le comportement de la maladie est le
terme utilisé pour décrire les réactions du
patient à l'expérience de sa maladie. Certains utilisent
parfois l'expression de rôle de malade, pour
décrire le rôle que la société attribue au
malade, du fait de son état de maladie. Ce rôle comporte,
entre autres caractéristiques, de voir le malade se
décharger de certaines responsabilités et rechercher de
l'aide afin de recouvrer la santé.
Edward Suchman a décrit 5 étapes du comportement de maladie:
- L'expérience du symptôme et la prise de conscience que quelque chose ne va pas;
- L'acceptation du rôle de malade, où on admet être malade et avoir besoin de soins professionnels;
- L'étape du contact avec le monde
médical, où on prend la décision de rechercher des
soins professionnels;
- L'acceptation du rôle du
patient-dépendant, où l'on se remet au contrôle du
médecin et on décide de suivre ses prescriptions;
- Et enfin, l'étape de guérison ou
de réhabilitation, où l'on prend la décision de
renoncer au rôle de malade”.
Le comportement de maladie et le rôle de malade sont
influencés par les expériences antérieures et les
convictions culturelles de la personne au sujet de la maladie. Il faut
savoir évaluer l'influence que cette culture peut avoir sur la
description et la présentation des symptômes. Quelques
troubles varient peu d'une culture à l'autre, alors que dans
d'autres un facteur environnemental peut en être la cause; la
nature de ce facteur et la façon dont culturellement est
abordé ce trouble peuvent profondément modifier le mode
de présentation du trouble. Il sera aussi important de noter les
relations possibles que la maladie peut avoir avec la situation
familiale, le statut social ou l'identité ethnique. Chacun
réagit différemment face à la maladie, selon ses
modes de pensée, ses émotions et son comportement
habituel. Certains vivent la maladie comme une perte écrasante,
d'autres comme un défi à surmonter, d'autres encore comme
une punition pour un acte dont ils se sentent coupables.
3. Modèles de relation médecin-patient
Il existe un grand nombre de modèles
décrivant la relation médecin-patient qui mettent en
évidence le plus souvent la personnalité, les
attentes et les besoins tant du médecin que du patient. Le plus
souvent, ni le médecin ni le patient ne sont réellement
conscients d'avoir choisi l'un ou l'autre de ces modèles. Le
fait que ces facteurs personnels, ces attentes et ces besoins demeurent
pour la plupart inexprimés, ou peuvent être
différents pour le patient et le médecin, risque
de handicaper la communication et d'entraîner un sentiment
de déception pour l'un et pour l'autre. Le médecin doit
être conscient du modèle dans lequel il fonctionne et
pouvoir passer d'un modèle à l'autre, selon les
nécessités de chaque patient, de chaque situation
clinique et thérapeutique.
Parmi les modèles de relation
médecin-patient, nous pouvons citer le modèle
actif-passif, le modèle professeur-élève (ou
encore parent-enfant ou guide-participant), le modèle de
participation mutuelle et le modèle de l'amitié (ou
d'intimité).
3.1. Modèle actif-passif
Ce modèle implique une passivité
totale du patient, et donc une prise en charge complète de la
situation par le médecin. Le patient n'assume aucune
responsabilité dans les soins qui le concernent et ne participe
aucunement à son traitement.
Ce modèle est approprié dans le cas d'un patient inconscient, immobilisé ou délirant.
3.2. Modèle professeur-élève
Ce modèle reconnaît et souligne le
rôle prépondérant du médecin. Celui-ci
assume un rôle paternel et directif, alors que le patient se
contente d'un rôle de dépendance et de soumission.
Ce modèle est celui qui prévaut
souvent durant la période de récupération
après une opération.
3.3. Modèle de participation mutuelle
Ce modèle implique une
égalité entre le médecin et le patient, chaque
participant dépendant de l'apport de l'autre.
Ce modèle est particulièrement
important dans le traitement de maladies chroniques comme
l'insuffisance rénale ou le diabète, où il est
impératif que le patient comprenne et accepte son traitement et
ses implications. Ce modèle peut aussi être utile dans des
pathologies comme les pneumonies.
3.4. Modèle de l'amitié
Ce modèle est généralement
considéré comme une relation dysfonctionnelle, voire
contraire à l'éthique. Il signale le plus souvent un
problème psychologique sous-jacent chez le médecin, qui
ressent émotionnellement le besoin de transformer la relation de
soin avec le patient en un partage d'informations personnelles et
d'amour. Ce modèle amène souvent à une
prolongation indéfinie de la relation, au lieu de lui permettre
de se terminer de manière normale. Il crée un flou des
limites entre le professionnel et l'intime.
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Un médecin doit être
capable de laisser derrière lui les problèmes de ses
patients lorsqu'il quitte le cabinet ou l'hôpital, et ne pas
avoir besoin de les utiliser pour suppléer le manque de
relations ou d'intimité dans sa vie personnelle. Sinon, cela le
handicapera dans ses efforts pour apporter de l'aide à ses
patients, qui ont, certes, besoin de compr é hension et de sympathie, mais pas de sentimentalité et d'implication.
Un médecin ne doit pas non plus
éviter les sujets qui lui paraissent difficiles à aborder
du fait de ses propres sensibilités,
préjugés ou singularités, surtout quand ces
questions peuvent être importantes pour le malade.
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